A. Gide – Les caves du Vatican

Il m’apprit à dépenser sans tenir de comptes et sans m’inquiéter par avance si j’aurais de quoi suffire à ma fantaisie, à mon désir ou à ma fain. Il émettait en principe qu’il faut toujours satisfaire celle-ci la dernière, car (je me souviens de ses paroles) désir ou fantaisie, disait-il, sont de sollicitation fugitive, tandis que la faim toujours se retrouve et n’est que plus impérieuse pour avoir attendu plus longtemps. Il m’apprit enfin à ne pas jouir d’une chose davantage, selon qu’elle coûtait plus cher, ni moins si, par chance, elle n’avait coûté rien du tout.

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